Connaissez-vous les différences entre un élevage intensif et un élevage extensif ?

Extensif ? Ce mot ne vous dit sûrement rien. Si je vous dis intensif ? Là ça vous parle.

Ces mots définissent les types d’élevage utilisés en France.

Ces deux systèmes agricoles utilisent des méthodes quasiment opposées.

L’élevage intensif est le mode le plus utilisé pour produire la viande trouvée dans les rayons de votre supermarché.

« 90 % des Français contestent l’élevage intensif. » 

L’élevage extensif (utilisé en agriculture biologique) est basé sur l’utilisation des ressources naturelles qui l’entourent : nourriture, ressources en eau potable… Il est également vigilant sur la faible densité des animaux sur les parcelles.

Dans la suite de cet article, vous trouverez les principales différences entre ces deux modes d’élevage.

J’espère qu’il vous ouvrira les yeux et vous permettra de vous diriger vers une consommation plus éthique et raisonnée.

« Le vrai pouvoir, c’est la connaissance. » (Francis Bacon)

Les particularités de l’élevage intensif en France

« Environ 80 % des animaux sont élevés en intensif en France. »

Cette forme d’élevage industrialisé prône la rentabilité en augmentant la densité des animaux sur l’exploitation.

Elle est apparue à la fin de la seconde guerre mondiale.

Les animaux sont donc entassés dans des hangars sans avoir (la plupart du temps) accès à l’extérieur, certains sont même couchés volontairement toute leur courte vie (comme les truies de reproduction).

elevage intensif

Les bêtes marchent sur du béton sans litière ou sur caillebotis et dans leurs excréments du fait de la surpopulation. 

Cela va engendrer des maladies (respiratoires, digestives…) et l’administration de médicaments (dont les antibiotiques) sont systématiques.

«La mortalité des veaux dans les élevages Français est élevée : environ 950 000 chaque année. »

En effet si le vétérinaire devient trop cher et que le coût de la viande est trop bas, certains éleveurs se passent de leurs services par soucis d’économie.

Des mutilations sont systématiquement infligées comme la castration à vif (pour éviter une viande trop odorante) ou l’ablation des queues pour éviter les blessures que peuvent se faire les animaux entre eux.

Les différentes races sont choisies pour leur fort rendement et les mutations par des sélections sont privilégiées (animaux plus gros, laitières plus productives…) ce qui donne généralement des animaux difformes et boiteux.

L’utilisation d’hormones pour accélérer la croissance et la masse musculaire ou l’administration d’antibiotiques en prévention sont une pratique courante voir obligatoire pour produire plus et toujours plus !

La reproduction est rarement naturelle (insémination artificielle) et au coup sur coup, c’est-à-dire que la femelle est en gestation en continu. On lui enlève ses petits rapidement, voir dès la naissance, pour pouvoir prélever son lait et les engraisser. Aucun contact maternel !

elevage extensif

« Et oui ! Pas de lait sans veau !  »

elevage intensif poule

La plupart des animaux sont élevés par lot.

Un exemple simple chez les volailles:

  • Les poules pondeuses, les mâles qui naissent seront broyés à la naissance ou gazés.
  • Les poulets de chair.
  • Les femelles nées dans les lots « foie gras » sont tuées  car seuls les mâles sont utilisés au gavage.
  • Les vaches laitières « à la retraite » sont destinés à la consommation.

« 20 % des cochons meurent dans les élevages Français avant leur abattage. »

De nombreux individus meurent bien avant l’âge d’abattage dans des conditions abominables.

Ils sont privés de leurs comportements naturels : marcher, bouger, manger des aliments adaptés ou bien interagir entre eux…

Leur santé devient donc fragile avec beaucoup de stress.

« Il n’est pas rare que les animaux traversent l’Europe avant leur abattage. »

Transportés sur de longues distances sans eau ni nourriture, beaucoup d’entre eux meurent avant d’arriver à destination.

Par ce fait, la traçabilité devient difficile et incertaine.

L’embarquement, le voyage et le débarquement sont de grandes sources de stress !

elevage extensif traditionnel

Soyons réalistes, pour arriver dans notre assiette, l’animal doit passer par la case « abattoir ». Même si des progrès ont été faits grâce à une directive européenne pour adoucir leur fin de vie, beaucoup trop d’infractions sont encore à déplorer.

Ne parlons même pas de l’impact sur l’environnement !

elevage bovin en france

« L’élevage Français produit plus de 800 mille tonnes de fumier par jour. »

Cette production massive de fumier est impossible à épandre sans causer une pollution des nappes phréatiques et des terrains voisins.

Une autre conséquence de ces élevages à grande échelle est l’émission des gaz à effet de serre.

Lors de leur décomposition, les déjections produites par les animaux vont être une source importante de gaz puissants, tel que le méthane, qui participent également à la destruction de la couche d’ozone.

Les particularités de l’élevage extensif en France

L’élevage pastoral est à l’origine des concepts d’extensivité.

Le désir d’utiliser les pâturages et l’eau situés autour de la ferme (souvent familiale) sont à l’origine de ce mode d’élevage.

L’agriculture biologique se base sur l’élevage extensif.

« 80.000 exploitations agricoles dépendent de ce type d’élevage en France »

Le producteur recherche une autonomie sans viser une forte productivité par animal. Il respecte également l’unité de densité.

Il va donc moins gagner sa vie qu’un éleveur en intensif, mais cela permet de nous confirmer qu’il fait cela par passion et amour des animaux.

« Le lien à l’animal demeure pour 76 % des éleveurs l’essence de leur métier. »

difference entre elevage extensif et intensif

Les animaux vivent dans des bâtiments paillés avec possibilité d’accéder à un extérieur.

Ce mode d’élevage limite au maximum les intrants et la nourriture est directement produite à la ferme (fourrage, céréales…).

Cela permet également de respecter la biodiversité et contribue ainsi à la dissémination des graines, spores et autres larves.

elevage bovin france

Les animaux vivent au maximum dans leurs conditions naturelles, leur santé est moins fragile et ils restent fertiles. Les soins vétérinaires sont curatifs et non préventifs, et les médecines douces (phytothérapie, aromathérapie…) seront privilégiées.

L’utilisation d’hormones et d’antibiotiques est interdite. Si, dans un souci de limiter la souffrance animale, des médicaments chimiques ou de synthèse sont prescrits, l’animal sera écarté de la filière Bio.

Le choix de la race est important car on va rechercher un animal rustique et adapté aux conditions des lieux.

La saillie naturelle est quasiment systématique et évite des frais supplémentaires (semences, insémination…).

La race Morucha (par exemple), qui est élevée exclusivement en plein air, est fertile et a une longévité intéressante pour l’élevage bovin bio.

En ce qui concerne le transport des animaux en vu de leur abattage, des règles un peu plus strictes que le circuit traditionnel ont été éditées.

Une certification AB est obligatoire dans les abattoirs de viandes biologiques. Il existe aussi le Label Rouge qui garantit une viande de haute qualité.

  • Le temps du transport doit être réduit au maximum à une journée
  • Aucun calmant ne peut être administré aux animaux pour les apaiser.
  • L’interdiction d’utiliser un dispositif électrique pour faciliter la montée ou la descente des moyens de transport.
  • Pas de violence ou d’étourdissement sur l’animal avant d’être abattu.

 

«20 % des producteurs ont choisit de vendre leurs productions en circuit court. »

Afin de limiter ses charges, les producteurs doivent utiliser des modes de valorisations élevées en favorisant le circuit court :

producteurs locaux
  • Vente directe à la ferme. Le consommateur se rend directement sur l’exploitation pour acheter ses colis de viandes bio. Il pourra également visiter la ferme, ses animaux et discuter avec le producteur local pour maintenir un lien.
  • Vente sur les marchés. Le producteur local est présent sur les étals et pourra ainsi représenter la vente de viande bio dans votre ville ou village.
  • Vente avec les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Des points de rendez-vous sont fixés avec les producteurs locaux et cela permet aux consommateurs de trouver différents produits bio (viande de porc bio, légumes bio…) en un même lieu.
  • Vente dans la grande distribution et autres supérettes. Il est de plus en plus courant de trouver les produits bio locaux dans les rayons de votre magasin. Cela permet d’entretenir l’économie locale et aide les producteurs locaux.
  • Transformer les produits directement à la ferme.

«En France, la viande bio est distribuée par 1 grande surface sur 3. »

Pour valoriser ses produits, l’éleveur bio va s’orienter vers la  certification et les labels (signes de qualité). On retrouve les labels bio : AB, Label rouge, Ecocert… qui possèdent un cahier des charges très strict.

Il reste encore des progrès à faire en la matière

«Chaque année, le Français consomme environ 25 kg de viande bovine et 32 kg de viande porcine.»

Il serait bien sûr utopique de fermer tous les élevages industriels.

Des solutions devraient être recherchées :

  • Réduire le nombre d’animaux dans les structures
  • Recycler le fumier afin de récupérer le méthane pour la production de biogaz.

En ce qui concerne la vente de viande, l’étiquette sur le produit devrait mentionner clairement les conditions d’élevage de tous les animaux :

  • Le mode d’élevage (en cage, accès à l’extérieur) (seules les poules sont concernées actuellement.)
  • La date de sevrage par rapport au sevrage naturel
  • Les autres actes de maltraitance animale : castration et caudectomie à vif…
  • Le mode d’abattage (rituel ou non)

Tout cela afin de sensibiliser le consommateur et améliorer, en France, le circuit de production de la viande qui reste, de nos jours, inadmissible !

«Consommer de la viande bio c’est ne plus fermer les yeux sur les conditions de productions et savoir exactement ce que l’on retrouve dans notre assiette.»

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